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Une meilleure recherche médicale, comment ?


Grâce à une meilleure sécurité

Les médicaments doivent soigner, pas tuer
Le 10 janvier 2016, en France, le participant à un essai clinique de phase 1 pour un nouveau médicament était hospitalisé dans un état grave (1). Les jours suivants, les 5 autres participants ayant reçu le médicament étaient hospitalisés à leur tour au CHU de Rennes. Le premier participant hospitalisé est mort trois jours plus tard après avoir sombré dans le coma. Les autres participants ont pu quitter l’hôpital quelques jours plus tard tout en conservant des séquelles neurologiques.
Les tests toxicologiques préalablement effectués sur 5 espèces animales différentes (rat, souris, lapin, chien et singe) n’avaient pas permis de prévoir la dangerosité de la nouvelle molécule testée. Ce qui n’a rien d’étonnant. Une souris n’est pas un être humain et continuer à évaluer sur des rongeurs, des chiens ou des singes la dangerosité d’une substance pour l’homme équivaut à jouer à pile ou face.

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Grâce aux moyens alloués pour développer des nouveaux modèles de toxicité utilisant des données bioinformatiques, des cellules ou des tissus humains, nous améliorerons notre sécurité en cas d’utilisation de nouveaux traitements médicaux.
Ces tests beaucoup moins coûteux que les tests sur animaux pourront être menés à grande échelle, viser des applications multiples et sur le long terme. De nombreux effets secondaires graves ou indésirables sont constatés une fois que le médicament est commercialisé et utilisé par des milliers de patients. Des tests sûrs et efficaces permettront de mieux évaluer les risques et assureront une meilleure sécurité.

Grâce à une meilleure efficacité

On soigne le cancer chez la souris depuis 20 ans. Chez l’homme, c’est pour quand ?
Les modèles animaux sont imparfaits pour l’étude de la plupart des pathologies humaines. Certains cancers se soignent depuis des dizaines d’années chez la souris, alors que les thérapies restent inefficaces chez l’homme. Le développement de nouveaux modèles d’études, utilisant des cellules ou tissus humains, permettra de mieux comprendre et soigner les maladies humaines.

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Un meilleur contrôle de l’expérimentation animale, pourquoi ?


Parce que des dizaines de milliers d’animaux sont expérimentés chaque année dans le canton de Genève

Selon les statistiques fédérales, 275 expériences étaient en cours et 35’010 animaux ont été expérimentés dans le canton de Genève en 2015. Ce chiffre en hausse de + 19,8% n’est pas prêt de baisser puisque l’université vient d’inaugurer une nouvelle animalerie (2), ce qui lui permettra d’exécuter encore plus d’expériences.

La plupart des animaux ont été expérimentés par l’Université de Genève, pour des projets de recherche fondamentale. Ces projets ne visent pas le développement d’une nouvelle thérapie, mais tentent de répondre à une question. La plupart de ces projets ne dépasseront pas l’utilité d’une publication scientifique. Pourtant, une partie de ces expériences induit de fortes douleurs aux animaux ou leur mort.
Des animaux génétiquement modifiés sont aussi produits pour ces expériences. Certains développent spontanément des maladies douloureuses, d’autres meurent en raison des mutations induites, après seulement quelques jours de vie.

»» En savoir plus sur les expériences menées dans nos universités

Parce que la commission indépendante de l’autorité et chargée de préaviser les demandes d’expérience doit disposer de vraies prérogatives et ne pas être une commission alibi

La législation fédérale oblige chaque canton qui autorise des expériences sur les animaux à créer une commission « composée de spécialistes, indépendante de l'autorité et dans laquelle les organisations de protection des animaux sont adéquatement représentées » (art. 34 LPA). La commission a pour mandat de contrôler les expériences et les animaleries, d’examiner les demandes déposées par les chercheurs et faire une proposition à l'autorité chargée de délivrer les autorisations.

Mais au final, l’autorité n’a pas l’obligation de tenir compte du préavis de la commission. Et la commission ne dispose d’aucune voie juridique pour contester une expérience douteuse ou qui infligerait des maux et douleurs disproportionnées en regard de l’intérêt scientifique du projet. Le canton de Zürich accorde déjà un droit de recours à sa commission. Il faut que les membres de la commission genevoise bénéficient eux aussi du même droit à contester un mauvais projet.

Parce que le Conseil d’Etat bloque le fonctionnement de la commission

Pire encore, le Conseil d’Etat interfère dans la composition de la commission pour y placer les membres de son choix. A plusieurs reprises durant cette législature il a également bloqué des nominations durant de nombreux mois sans aucun motif juridique. L’indépendance de la commission doit être garantie afin qu’elle puisse mener son mandat avec efficacité.

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Sources :

(1) La molécule BIA 10-2474 testée en janvier 2016 sur des volontaires par le centre Biotrial de Rennes, avait préalablement fait l’objet de tests sur animaux par les entreprises spécialisées en toxicologie animale Harlan Laboratories SA en Espagne (études chez les lapins, chiens et singes) et AnaPath GmbH en Suisse (études chez les rongeurs).
« Le fait que cette toxicité n’ait pas été observée chez l’animal malgré l’administration de doses très élevées reste, à ce jour, inexpliqué » (p.27).

Dans la conclusion de son rapport transmis le 18 avril 2016, le Comité Scientifique Spécialisé Temporaire (CSST) « Inhibiteurs de la FAAH (Fatty Acid Amide Hydrolase) » sur les causes de l’accident survenu à Rennes lors d’un essai clinique de Phase 1 en janvier 2016, mis en place par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire du Médicament et des produits de santé (ANSM).

La molécule BIA 10-2474 des Laboratoires Bial (Portela & Ca, Portugal) appartient à la famille des inhibiteurs de la FAAH, enzyme dégradant l’anandamide, biolipide agissant comme médiateur dans le système dit endocannabinoïde. Plus d’une dizaine d’inhibiteurs de ce type sont, ou ont déjà été, développés, aucun n’ayant, à ce jour, été commercialisé ; pour beaucoup, en raison d’une efficacité jugée décevante. Ces inhibiteurs appartiennent, au plan chimie structurale, essentiellement à deux familles :
-Les molécules possédant une fonction urée : URB 524 et 597 et composés
développés notamment par Sanofi‐Aventis, Astellas, Bristol‐Myers Squibb et
Janssen & Janssen.
-Les molécules possédant une fonction carbamate, développées notamment par
Sanofi‐Aventis, Vernalis, Pfizer et Bial.

(2) « Avec le CMU, Genève inaugure son pôle santé à 342 millions », 22 novembre 2016, Tribune de Genève



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Quelle est la validité du modèle animal pour l’homme ?

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Quelles expériences sont menées dans nos Universités ?
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Quels remplacement de l'animal pour la recherche ?
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